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Guide · 5 min de lecture ·

Subsides : les services payants et faux conseillers

Reconnaître les publicités et appels qui vendent une aide payante pour le subside LAMal, ce que disent Vaud, Genève et Neuchâtel, et où déposer gratuitement.

Un téléphone affiche un appel entrant inconnu, posé sur une facture de caisse-maladie

Pourquoi ce marché existe

Un subside, c’est un montant qui sort d’un barème : votre canton, votre ménage, votre revenu déterminant, et le chiffre tombe. Personne ne peut le négocier, ni l’obtenir plus vite en connaissant quelqu’un. Et pourtant, tapez « subside assurance maladie » dans un moteur de recherche et regardez les résultats sous les pages officielles : des sites au nom du canton, des boutons « Vérifiez votre droit », des « experts » qui proposent de « transmettre votre demande gratuitement ».

Ce qui se vend, ce n’est pas la démarche. Ce sont vos coordonnées. Un formulaire rempli par un ménage modeste qui va recevoir 300 francs de subside par mois est un lead de qualité pour un courtier en assurance-maladie : la personne va changer de caisse avant le 30 novembre, et le courtier touche une commission. Certains vont plus loin et facturent des « frais de dossier » pour une demande que vous auriez pu déposer en dix minutes.

Ce que les cantons ont écrit

Trois cantons romands ont publié une mise en garde, et je les cite parce que leurs mots sont plus utiles que les miens.

Le canton de Vaud, sur la page de l’OVAM : « Pour déposer une demande de subside, il n’est pas nécessaire de recourir à d’éventuels services payants. Les entreprises qui les proposent ne sont pas mandatées par l’Etat de Vaud. La demande de subside se fait directement en ligne. Si vous souhaitez un appui, vous pouvez vous adresser à l’agence d’assurances sociales de votre région. Celle-ci vous aide gratuitement à remplir les formulaires. » La page renvoie aussi à une vidéo de la police vaudoise sur les faux appels liés aux subsides.

Genève, dans un communiqué du 2 juin 2025 déclenché par une publicité d’une société de conseil sur un réseau social : « Aucun cabinet de conseil ou autre organisme privé ne peut se substituer au service de l’assurance-maladie pour l’acheminement et/ou le traitement d’une demande de subside. Aucun représentant du SAM ne se déplace à domicile. » Et le département ajoute qu’il faut se méfier des annonces « même lorsque les armoiries du canton ou de la Confédération apparaissent ».

Neuchâtel, en tête de sa page sur les subsides : « Vos seuls interlocuteurs sont le guichet social régional ainsi que l’office cantonal de l’assurance-maladie et des bourses d’études. Ils interviennent gratuitement. Certaines entreprises vous proposent leur aide pour déposer une demande de subsides ou une demande de prestations sociales. Ces entreprises ne sont pas mandatées par l’État de Neuchâtel ou par les communes. »

Fribourg, le Valais et le Jura n’ont pas publié d’avertissement propre à ma connaissance en septembre 2026. Leurs procédures sont les mêmes : caisse de compensation ou ECAS, gratuitement.

Les trois formes qu’on rencontre

La publicité sur les réseaux sociaux. Un visuel aux couleurs du canton, un titre « Subside 2026 : êtes-vous concerné ? », un formulaire en trois écrans qui demande le canton, le ménage, le revenu, puis le téléphone. Vous ne saurez jamais votre montant ; vous recevrez un appel d’un courtier. Le test : un vrai calculateur affiche le résultat sans demander vos coordonnées. Le nôtre le fait, celui de l’État de Genève aussi.

Le démarchage téléphonique. Un interlocuteur se présente comme mandaté par le canton ou par l’OFSP, parfois pour un « nouveau subside » ou un « contrôle ». En 2021, plusieurs Vaudois ont reçu des appels proposant de faux subsides liés au coronavirus ; le canton a démenti. En 2013 déjà, la police vaudoise signalait des personnes se présentant comme inspecteurs mandatés par l’État pour un sondage sur les assurances, qui tentaient d’obtenir le numéro AVS et d’entrer dans les appartements. Aucun office ne se déplace à domicile et aucun n’appelle pour demander un IBAN.

Le service de dépôt payant. Une société remplit et envoie la demande à votre place contre des frais. Elle envoie exactement ce que vous auriez envoyé. Dans le canton de Vaud, l’agence d’assurances sociales fait la même chose gratuitement, avec les bonnes pièces.

Ce qui protège en pratique

Ne donnez jamais votre revenu et votre téléphone au même formulaire avant d’avoir vu un chiffre. Vérifiez le domaine du site : vd.ch, ge.ch, fr.ch, vs.ch, ne.ch, jura.ch, ou la caisse de compensation du canton. Raccrochez à toute demande de données bancaires, de mot de passe ou de numéro AVS par téléphone. Et si vous avez un doute sur votre droit, faites le calcul ici, puis déposez vous-même ; les étapes sont sur la page de chaque canton, avec l’adresse et le numéro de l’office.

Ce site vit d’une mise en relation avec des conseillers, quand vous la demandez et après avoir vu votre chiffre. Nous ne déposons aucune demande, nous ne facturons rien pour le calcul, et nous le disons sur chaque page. C’est la ligne qui sépare un outil d’un intermédiaire.

Questions fréquentes

Une société m'a fait remplir un formulaire et me réclame des frais. Suis-je obligé de payer ?

Vous avez signé un contrat de service privé, pas une démarche administrative. Vérifiez ce que vous avez signé et ce qui a été fait ; si aucune prestation n'a été fournie, contestez par écrit. Le canton, lui, ne vous facturera jamais rien, et la demande officielle reste à faire par vous.

Comment savoir si un site est officiel ?

Les sites officiels finissent en vd.ch, ge.ch, fr.ch, vs.ch, ne.ch ou jura.ch, et les caisses de compensation en caisseavsfr.ch, avs.vs.ch, ecasjura.ch. Un nom de domaine comme « subside-vaud » ou « subsides-geneve » n'appartient pas à l'État, même s'il reprend l'écusson.

On m'a appelé pour un subside lié au coronavirus. C'est vrai ?

Non. L'État de Vaud a dû publier un démenti : il n'accorde aucun subside lié au coronavirus, et le démarchage téléphonique de ce type visait à obtenir des données personnelles.

Sources

  1. Vaud, page Subside à l'assurance-maladie (OVAM), avertissement sur les services payants (vd.ch, 2026)
  2. Genève, communiqué du 2 juin 2025 : subsides d'assurance-maladie, attention aux publicités trompeuses (ge.ch, 2025)
  3. Neuchâtel, page Subsides assurance-maladie (OCAB), sociétés non mandatées (ne.ch, 2026)
  4. Vaud, Police cantonale : attention aux faux conseillers en assurances maladie soi-disant mandatés par l'État (vd.ch, 2013)
  5. 24 heures, Démarchage téléphonique : ils proposent de faux subsides à l'assurance maladie (24heures.ch, 2021)

Ce guide est informatif et ne remplace pas la décision de votre canton. Pour votre chiffre, utilisez le calculateur.

Vous avez votre chiffre. Et maintenant ?

Un conseiller vérifie votre droit et compare vos primes. Gratuitement, sans engagement.

Le subside est une chose, la prime en est une autre : deux ménages avec le même subside paient des primes qui diffèrent de 100 francs par mois selon la caisse et le modèle. Un conseiller regarde les deux en un seul appel, avant le 30 novembre.

  • La demande de subside se fait toujours auprès de votre canton, gratuitement. Personne ne la dépose à votre place et personne ne vous la facture.
  • Un seul appel, au moment qui vous arrange. Vous repartez avec votre montant vérifié et une comparaison écrite de vos primes.
  • Vos coordonnées servent à ce rappel et à rien d'autre. Pas de newsletter, pas de revente.

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